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Monuments en hommage à Balzac

« Le XIXème siècle a développé un véritable culte des grands hommes : les monuments publics demeurent l’un des témoignages les plus importants. »

En Touraine 
En 1850, à l’initiative de James Cane, autrefois camarade et voisin d’Honoré, une plaque fut apposée sur la façade de la maison natale de Balzac. 
Il était évident pour ses amis et ses admirateurs qu’une statue devait honorer sa mémoire. Il fallut attendre près de quarante ans pour qu’un premier monument soit érigé. Une œuvre du sculpteur Paul Fournier fut inaugurée à Tours en 1889, sur la place du Palais, actuelle place Jean-Jaurès. 
Dix ans plus tard (commémoration du centenaire de Balzac), un grand relief en bronze de François Sicard fut placé sur la façade de la maison natale du romancier, rue Nationale. 
Aucun de ces deux monuments ne subsiste aujourd’hui dans l’espace public. Le bronze de Fournier a été envoyé à la fonte pendant la Seconde Guerre mondiale afin d’en récupérer le métal (1,7 tonne). La maison natale a été détruite par le grand incendie qui a ravagé le centre de Tours en 1940. Le relief de Sicard a été sauvé : il est désormais exposé au musée Balzac de Saché. 
La destruction de la statue de Fournier en 1942 avait laissé un vide à Tours. Le sculpteur Marcel Gaumontconçut alors un grand monument allégorique en pierre. Son inauguration fut envisagée pour le 150ème anniversaire de la naissance de Balzac, en 1949, puis pour le centenaire de sa mort, en 1950, mais le projet ne put aboutir. 
Pour le 220ème anniversaire de sa naissance, la Ville de Tours souhaite à nouveau célébrer la mémoire du romancier par la commande d’une œuvre contemporaine. Elle sera inaugurée en novembre 2019 dans le jardin de la Préfecture.

A Paris 
A Paris, l’écrivain est célébré par deux monuments, qui résultent de la même commande : 
• La Société des Gens de Lettres a souhaité rendre hommage à celui qui avait été l’un de ses fondateurs. Elle commanda en 1888 un monument au sculpteur Henri Chapu. Ce dernier étant décédé avant d’avoir pu terminer le travail, la commande passa à Auguste Rodin. Son Balzac suscita en 1898 une polémique très violente entre les admirateurs de cette œuvre révolutionnaire et ceux qui considéraient qu’elle ne convenait pas comme monument public (caractère peu ressemblant). 
• La Société des Gens de Lettres refusa la statue de Rodin : elle fit appel à un troisième sculpteur, Alexandre Falguière. Son monument, plus sage, fut inauguré en 1902. 
L’histoire ne s’arrêta pas là : un comité se forma en 1937, vingt ans après la mort de Rodin, afin de réunir les fonds nécessaires à la création d’un exemplaire en bronze. Ce fut chose faite en 1939, avec une double dédicace : « A Balzac. A Rodin ».