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Lieux balzaciens à Tours

« Les impressions reçues au matin de la vie laissent de profondes traces au cœur »

(Honoré de Balzac, Le Lys dans la Vallée).

Né à Tours, mis en nourrice à Saint-Cyr-sur-Loire et habitant rue Nationale, Honoré de Balzac développe durant son enfance un fort attachement pour la ville de Tours. 

Bien qu’il la quitte dès 1814, il n’a de cesse de vouloir y retourner, que ce soit en faisant le long trajet depuis Paris, ou bien par ses souvenirs qu’il pose par écrit.

Ses romans révèlent ainsi les lieux qui l’ont marqué et qu’il avait plaisir à arpenter lors de ses séjours. La première destination était inévitablement la rue Nationale, où sa diligence s’arrêtait devant l’église Saint-Julien. De là, il pouvait se diriger vers l’hôtel du grand faisan, vers sa maison natale ou familiale, voire jusqu’à l’hôtel Papion.

Séduit dès sa plus tendre enfance par le charme de la cathédrale, il aime à s’y rendre et déambuler dans ce secteur historique, comme l’abbé Birotteau dans Le Curé de Tours. Quand il répondait à l’appel de la Loire, il aimait longer le canal « taillé par un architecte » (Honoré de Balzac, Sténie), observer les mariniers et admirer le pont.

Admirateur des bâtiments de caractère et des maisons en pans de bois, les hôtels Goüin et Pierre-Du-Puy pouvaient agrémenter ses promenades dans le Vieux Tours. Celles-ci étaient certainement privilégiées pour le romancier, ses Contes Drolatiques sont particulièrement riches en références à ce secteur de la ville, ses monuments et ses rues apparaissant sous leurs noms anciens. 

Très attaché à ses sœurs, peut-être s’arrêtait-il régulièrement devant la pension Vauquer, hôtel du XVIe siècle où elles ont étudié. L’une d’entre elles, Laure Surville, écrivit une biographie du romancier, certifiant qu’il « aimait ce pays […] ‘les douces et tranquilles pensées y pouss[a]nt en l’âme comme la vigne en terre’ » (Laure Surville ; Balzac sa vie et ses œuvres d’après sa correspondance).

Honoré de Balzac nait le 1er prairial de l’an VII (20 mai 1799) à 11 heures du matin dans le domicile parental, 25 rue de l’Armée d’Italie (actuel 47 rue Nationale). Son père Bernard-François loue le rez-de-chaussée et l’entresol de cet immeuble à M. Damourette, ancien tailleur.

Honoré ne connaitra pas longtemps le domicile familial où il est né. De retour de nourrice à l’âge de 4 ans, il le regagne pour quelques mois. Il déménage en 1804, au 29 de la même rue (actuel 53 rue Nationale), maison que son père vient d’acheter.

L’immeuble est sinistré lors du bombardement de juin 1940.

Le 21 nivôse an XII (12 janvier 1804), Bernard-François Balzac (père d’Honoré de Balzac) acquiert une maison située 29 rue d’Indre-et-Loire (actuel 53 rue Nationale). Le 22 juin 1807, à l’âge de huit ans, Honoré de Balzac quitte cette maison familiale pour suivre des études au collège des Oratoriens de Vendôme.

Le 13 février 1813, Bernard-François Balzac vend cette maison. Mais la famille continue de l’habiter, jusqu’à son départ de Tours pour Paris, en 1814. De cette belle et grande demeure qui constituait le véritable nid familial, le jeune Honoré de Balzac entretiendra constamment le souvenir, sinon la nostalgie.

En forme de U, la propriété est alors constituée d’un petit hôtel au fond d’une cour, close du côté de la rue par un petit mur avec portail. A gauche, se tiennent les écuries, à droite un petit rocher avec bassin et arbustes. Le bâtiment principal en fond de cour présente une façade avec trois croisées. Au rez-de-chaussée, se trouvent deux grands salons permettant de recevoir.

Vers 1885, l’immeuble accueille une imprimerie. En 1905, le docteur Paul Métadier y installe sa pharmacie. En raison de ces usages multiples, la maison a subi d’importantes transformations. Elle abrite toujours la pharmacie principale.

De 1804 à 1807, le jeune Honoré fréquente comme externe la Pension Le Guay, originellement située au 71 rue de la Scellerie (actuel n° 57), à l’angle de la rue Corneille. L’immeuble abrite aujourd’hui « l’Hôtel du Grand Théâtre ».

Il est conduit le matin et ramené le soir par le valet de chambre de son père dans cet établissement situé non loin du domicile familial. Dans cette pension (l’une des meilleures de la ville), Pierre Le Guay prodigue à une quarantaine d’élèves un enseignement empreint d’atmosphère religieuse. Ceci correspond à l’éducation de la mère d’Honoré et non aux idées de son père, athée notoire et membre de la franc-maçonnerie locale.

Le dimanche, le jeune Honoré accompagne sa mère à la cathédrale pour y suivre les offices. Le rang social occupé par son mari commande à Mme Balzac de louer une chaise à l’année. Jeune femme très jolie, à la fois ambitieuse et frivole, la mère d’Honoré est pieuse. A l’inverse de son mari, athée notoire et plus âgé de 32 années qu’elle.

De ces longs moments passés dans la cathédrale et dans le cloître qui la jouxte, l’écrivain en garde un souvenir vivace et une sensibilité qu’il transcrira dans son œuvre.

(Actuel Lycée Descartes) : Dans la rue Chaude, actuelle rue de la Préfecture.

Terminus de la diligence de Paris.

 Il y emprunte des livres nécessaires à sa documentation.

Il y emmène Madame Hanska.

En août 1845, Balzac amène Mme Hanska sur les bords de Loire. Lors ce passage à Tours, ils logent à l’Hôtel de la Boule d’Or. Situé au n° 27 actuel de la rue Nationale, à l’angle de la rue des Halles, cet établissement est installé dans un ancien hôtel particulier de la fin du XVe siècle, remanié au XVIIIe siècle (lors du percement de la rue Nationale).

Son attrait se trouvait dans une pittoresque chapelle voûtée du XVIe siècle et d’une monumentale cheminée Renaissance de 1520 environ, aujourd’hui présentée au château du Plessis. L’immeuble a entièrement été détruit en 1940.

Où il allait retirer son courrier en 1830, lors de son séjour à saint-Cyr

Les sœurs d’Honoré de Balzac (Laure née en 1800 et Laurence née en 1802), sont éduquées à la pension Vauquer, rue de la Scellerie. Cet établissement privé est tenu par deux dames : Louise Marie Vauquer et Marie-Victoire Vauquer, sœur de la première.

Le romancier se souviendra de ce nom qu’il transpose dans « Le Père Goriot » : c’est la pension

parisienne Vauquer où logent Vautrin et Rastignac, nom d’un ancien chanoine de la basilique.

Situé à l’actuel n° 7 de la rue des Cerisiers, l’immeuble qui abritait la pension Vauquer est un hôtel particulier du XVIe siècle, construit entre deux cours. Celle du Sud s’ouvre sur la rue des Cerisiers, celle du Nord sur la rue des Tanneurs. L’édifice est inscrit à l’Inventaire supplémentaire des Monuments historiques, par arrêté du 24 mai 1948.

(sur la route de Saint-Avertin).

Cette ferme de 8 hectare était située dans les varennes de la commune de Saint-Etienne qui fusionnera avec la Ville de Tours en 1845. Elle est achetée en 1804 par le père d’Honoré de Balzac.

L’exploitation se compose de plusieurs bâtiments agricoles et d’une ancienne chapelle convertie en grange.

C’est le Sanitas, léproserie bâtie au XIIe siècle pour soigner les contagieux hors de la ville. Dépendant sous l’ancien régime de l’Hôtel Dieu et placée sous l’autorité du chapitre de Saint-Martin, la maladrerie est vendue comme bien national à la Révolution.

Lors de son passage à Tours en 1823, Honoré de Balzac s’occupe du domaine où il y a « bien des choses à faire ». Sa mère revend la propriété en 1831.

Pour rejoindre Tours de Paris, Honoré de Balzac emprunte la diligence. Ce voyage dure 24 heures.

Depuis le 1er avril 1846, le train relie Paris à Tours. L’écrivain profite de cette avancée technique et utilise le chemin de fer pour se rendre à Saché, le 3 juin 1848. Il prend le train du matin à 7h15 et arrive en Touraine à 13h30. Balzac est émerveillé par ce voyage rapide de 6 heures.

le 6 août 1814, il assiste aux festivités et au grand bal organisés à l’occasion du passage du duc d’Angoulême, qui consacre le retour solennel des Bourbons. Cet épisode inspirera un passage célèbre du Lys dans la vallée.

Situé rue Nationale, l’Hôtel Papion a été bâti en 1748 avec la manufacture royale de damas et de velours, à l’angle sud-est de la rue et de la place des Portes-de-Fer (actuelle place Jean-

Jaurès). Ce bel immeuble d’architecture classique a été démoli en 1896 pour permettre la construction de l’actuel hôtel de ville.

Sténie / Le curé de Tours

Maître Cornelius

(actuelle place Anatole France) : Sténie

l’Excommunié

: l’Excommunié  / Wann-Chlore repris en 1836 sous le titre de Jane la Pâle / Le curé de Tours / Maître Cornélius / Jésus-Christ en Flandre (texte des Etudes philosophiques) / L’Eglise, Zéro, la Danse des pierres

Le prêtre catholique

L’Apostrophe

(dans la rue nationale) : Wann-Chlore

Les Deux Amis / La femme de trente ans

Maître Cornélius

le Succube (conte drolatique)

(actuellement Place François Sicard) : le Centenaire, le Succube  

Maître Cornélius, les Contes drolatiques  / l’Apostrophe / le Succube / Martyrs ignorés / Eugénie Grandet (même si l’action se passe à Saumur, la maison est une maison du Vieux-Tours)

L’apostrophe

Puy (rue Briconnet) : A la Recherche de l’absolu  (même si l’action se passe à Douai, la maison y a été transposée)

(7 rue des Cerisiers) : Le Père Goriot